Fract'Art

Art "fractionnaire" ou Art "plurifractal" ?


"Fract'Art", tout comme le mot "fractal", renvoie à l'étymologie "fractus", qui signifie "brisé", ou encore "fractionné".

"Fract'Art" découle de ce constat qu'un ordinateur ne sait représenter une forme régulière qu'en la discrétisant, c'est-à-dire en la fractionnant : ce sont donc finalement des assemblages de traits (vecteurs géométriques) qui composent la texture d'un dessin numérique.

"Fract'Art" ne doit donc pas seulement être considéré comme une abréviation de "Fractal art", mais aussi de "Fraction art", que l'on pourrait encore appeler "Art fractionnaire" (**), approche très générale qui décompose un "tout" en différentes parties.

Mais "Fract'Art" vise surtout à reconstruire l'ensemble, en réorganisant et en retravaillant les fractions du dessin, afin de générer des formes plus complexes, faites de lignes brisées, et non plus dérivables comme en géométrie classique : d'où le terme "fractales" imaginé par Benoît Mandelbrot.

Ainsi, l'art fractal met en oeuvre un processus récursif, revenant à remplacer les vecteurs géométriques qui forment un dessin par ce dessin lui-même.

Mais là encore "Fract'Art" cherche à aller plus loin, en se donnant la possibilité d'intégrer d'autres formes que la forme initiale, selon un processus également récursif que nous avons choisi d'appeler "plurifractal" (*), et qui englobe le précédent.

"Un dessin est une ligne dont chaque trait est un dessin" : ce principe né de l'Art vectoriel (*), qui décrit bien "Fract'Art", débouche sur la "re-création" de formes naturelles, généralement complexes et irrégulières, ou sur la création de formes imaginaires.

A travers ces dessins construits par assemblage d'éléments fractionnés, ou par fracturation d'éléments réguliers, "Fract'Art" exprime aussi l'idée, ou plutôt le constat, que sociétés humaines et processus naturels, dans lesquels nous aimerions souvent voir d'avantage d'harmonie et de pérennité, sont également sujets à des fractures multiples.

Pour autant, la fracturation ne débouche pas nécessairement sur la dislocation : par ses reconstructions, "Fract'Art" exprime aussi l'espoir qu'aucune dégradation ne soit irrémédiable, et finalement la conviction profonde que l'art est une soudure entre les civilisations et les individus.

Publication du 23 janvier 2020, actualisée le 29 janvier 2020

(*) : Réf. : "Le Manifeste de l'Art Vectoriel", Tangente, n°144, Février 2012

(**) : Réf. : "Les unités avec lesquelles l'arithmétique forme des nombres sont des unités provisoires, susceptibles de se morceler indéfiniment, et chacune d'elles constitue une somme de quantités fractionnaires, aussi petites et aussi nombreuses qu'on voudra l'imaginer.", Henri Bergson, Essai sur les donnés immédiates de la conscience, 1888